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Myrica gale

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Jean-François Gravel

Myrique baumier, le bois-sent-bon des marais

Pour plusieurs personnes, un buisson sur le bord d’un cours d’eau ressemble à tous les buissons sur le bord d’un cours d’eau. Pourtant, un simple frottement des feuilles ou des « cocottes » du Myrique baumier (Myrica gale) dégage un parfum des plus uniques qui soit. Odeur se situant peut-être entre le clou de girofle et la sauge, c’est un peu notre laurier indigène (à noter qu’il n’est pas parent avec le laurier de nos cuisines; Laurus nobilis).

La cocotte du myrique baumier est particulièrement odorante.

Ce qui est étrange, c’est qu’il soit autant répandu et si peu connu. Je dirais même qu’il est rare de ne pas en trouver le long d’un lac ou d’une rivière. C’est un stabilisateur des berges exceptionnelles. Il pourra s’établir même dans les sols très pauvres et acides car il héberge dans ses racines des champignons microscopiques capables de rendre disponible l’azote de l’air pour les racines. En échange, la plante offre du sucre aux champignons. D’autres végétaux, tels les légumineuses et l’aulne ont su développer cette brillante coopération qui, à terme, enrichit le sol d’azote; élément minéral essentiel à la croissance végétative. Autres adaptations digne de mention; son mode de dispersion des graines. Ces dernières sont bien lisses et équipées de deux flotteurs de chaque côté qui leur permet de naviguer, selon les vents et les courants, jusqu’au prochain port d’attache. Les Buissons denses que forme le Myrique baumier inspirent aussi certains canards et bécassines pour aménager leur nid. En effet, quand les niveaux d’eau sont hauts, la faune y trouve un refuge au sec et à l’abri des prédateurs.

La Reine du sébaste, notre IPA de type belge, contient entre-autres du myrique baumier.

L’odeur si caractéristique provient d’une huile essentielle contenue dans une résine. Elle est présente dans les feuilles mais rencontre son apogée dans l’hampe fructifère (apparence de minis cocottes un peu collantes). Ces attributs olfactifs lui ont conféré une place de choix dans l’histoire des aromates. Mélangé à d’autres plantes, le myrique entrait dans la confection de la bière au moyen âge. À l’instar du laurier, le bois-sent-bon fut également utilisé dans les mijotés. On rapporte même son utilisation dans les garde-robes afin d’aromatiser les vêtements et de repousser les mites. Enfin, pour ceux qui auraient déjà cueilli du myrique à en avoir les doigts bien tâchés de jaune, vous aurez deviné son usage en teinturerie. Pratique de teindre la laine avec un répulsif à mîtes naturel !

Donc, la prochaine fois que vous irez au bord de l’eau, à pied ou en canot, tâcher de trouver du myrique baumier au pif.