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Le Gruit

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Mathieu Boily

Un incontournable dans l’histoire de la bière

La Petite chasse, notre gruit boréale.

La bière et l’humanité, c’est une longue histoire d’amour qui date de plus de 8000 ans et on l’imagine remplie de bons et de moins bons épisodes.

Celui de la composition même du breuvage en est un fort intéressant. La version très standardisée de la bière que l’on retrouve aujourd’hui est bien loin des premiers balbutiements brassicoles. Avec un peu d’imagination, on peut recréer l’événement originel : quelque chose comme un toit qui fuit sur la belle récolte d’orge de l’année et une découverte un peu trop tardive de la fuite.  Agriculture de subsistance oblige, on s’est vu contraint de consommer le résultat de la fuite et… pas de mort, ou du moins, pas trop, versus l’alternative de la famine.

Des balbutiements qui laissent un goût amer

Deux ingrédients assez importants de la bière étaient déjà réunis :  l’eau et la céréale, qui avait même pu malter dans le processus, on l’imagine. Nous étions cependant extrêmement loin du profil aromatique niché de votre IPA préférée. On était probablement face à un liquide hyper acide, avec une teneur en alcool inférieure à 1% et à texture bien épaisse. Le but était ici de se nourrir, et accessoirement de pouvoir s’abreuver, car l’eau était de qualité inégale.

Le thé du Labrador est souvent utilisé comme plante aromatique dans la composition de la bière.

Les plantes à la rescousse

L’arrivée des plantes dans la recette s’est probablement imposée pour mieux faire passer le (ou les) mottons. Le houblon est encore bien loin de faire son entrée remarquée dans l’histoire. Plante capricieuse, il ne sera utilisé de façon systématique que bien plus tard. Il fallait donc se débrouiller avec ce qu’on avait sous la main, plantes de bord de cours d’eau, de la pharmacopée usuelle, ou simplement plantes envahissantes. De celles-ci, notons l’utilisation du myrique baumier, de l’armoise et du lédon des marais (plante très proche du thé du Labrador). Ces plantes offraient possiblement une meilleure capacité de conservation à la bière, en plus d’avoir un fort pouvoir aromatique.

L’Armoise, Artemisia vulgaris, est utilisée dans la fabrication de la bière depuis très longtemps.

Un retour aux origines bonifié

On nomme cette préparation d’herbes, le gruit et il fait également référence au breuvage qui le contient. L’utilisation généralisé du houblon fera quelque peu oublier cette tradition, mais heureusement elle est de retour avec les brasseurs artisanaux de notre ère.  Ce style de bière, qui semble vouloir faire une percée timide sur les tablettes de épiceries, n’est en fait qu’une page dans le riche livre à écrire sur l’histoire de la bière, de l’humanité et de toutes les chicanes qui eurent et n’eurent pas lieu grâce à leur relation.

 

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